Il n’existe pas réellement de bonne façon de préparer quelqu’un à un choc culturel monumental. Bien que cela puisse paraître imprudent, il faut probablement plonger tête première. C’est habituellement ce que l’on fait dans ma région d’origine. On ne procède jamais pas à pas, on y met plutôt toute la gomme. C’est à prendre ou à laisser. Bien souvent, les gens se lancent et en redemandent. Il y a quelques semaines, c’est moi qui aie dû plonger tête première pour vivre une expérience de canot-camping dans le parc provincial Nopiming.

Bon, pour la moyenne des Manitobains, cela peut ne pas représenter un grand défi, mais pour moi, le mot «?défi?» n’arrive pas à décrire à quel point je me sentais hors de mon élément face à une telle expérience. Je suis une vraie de vraie urbaine. J’ai grandi dans les Caraïbes, à seulement 10 minutes de la capitale. Même si j’ai toujours aimé le plein air, mes expériences se limitaient à sauter dans les vagues et du haut des falaises durant les journées à la plage, regarder les tortues pondre leurs œufs le soir venu ou faire de la randonnée dans un sentier bordé d’arbres pour me rendre à une chute. Jamais, au grand jamais je n’ai eu à délaisser le confort d’un lit douillet et la commodité d’une salle de bains.

Faire partie de l’équipe

Donc, comment me suis-je donc retrouvée à faire du camping? Bon, tout a commencé par une conversation entre mes collègues qui tentaient de déterminer qui pourrait faire une excursion avec l’entreprise Twin River Travel dans le parc provincial Nopiming. (Twin River Travel est une toute nouvelle entreprise fondée par des personnes exceptionnelles qui connaissent bien le camping, le canot, la randonnée et à peu près tout ce qui touche le plein air, en général. Je vous en dirai plus à ce sujet plus loin.) Comme personne ne semblait être libre, j’ai décidé de me porter volontaire. Je pouvais prendre le relais pour l’équipe! Je n’avais jamais fait de canot, mais j’étais animée par une parfaite combinaison de curiosité et de fascination et je me suis dit que je pouvais bien essayer. Toutefois, mon enthousiasme a provoqué des regards de surprise et des exclamations de stupéfaction «?Vraiment? ». Je n’y comprenais vraiment rien. Pourquoi tout le monde était si surpris que je me porte volontaire pour faire du canot, aller sur l’eau et pagayer? Était-ce si compliqué? J’ai cependant rapidement compris que le canot était le dernier de mes soucis. Tout le monde était étonné que je sois prête à partir en camping.

Pardon?

Je pense que ma réaction à cette nouvelle information a été quelque chose comme : «?Pardon? ». Je dois admettre qu’à ce moment précis, ma joie s’est complètement dissipée. Personne n’avait parlé de camping! Parmi mes nombreuses règles de vie, un critère prime depuis que j’ai adopté le Canada, ou devrais-je plutôt dire, depuis que le Canada m’a adopté : «?Je ne fais pas de camping. Je ne vais pas camper?». Pourtant, je venais involontairement me porter volontaire pour faire du camping. Ainsi, comme quiconque ayant de profondes convictions, j’ai fait la seule chose envisageable : j’ai essayé de m’en sortir. J’ai dit à tout le monde que si le voyage tombait sur ma fin de semaine «?chevelure?», je ne pourrais pas y aller. (Oui, j’ai une fin de semaine pour me coiffer. Après tout, ces tresses n’apparaissent pas par magie toutes les deux semaines.) Bien sûr, mes collègues étaient parfaitement d’accord pour organiser l’excursion en fonction de mon horaire capillaire. Par conséquent, ma seule et unique excuse ne tenait plus. J’ai dû me résigner à faire la chose que je m’étais toujours juré de ne jamais faire.

Prête à affronter le monde… si on peut dire

La journée du départ est finalement arrivée. Grâce à la liste complète des préparatifs fournie par Twin River Travel, j’avais le sentiment d’être prête à affronter le monde, ou du moins à partir en canot. Je ne m’étais pas encore faite à l’idée de faire du camping. J’ai savouré la chaleur de mon lit pendant encore quelques minutes et j’ai pris plaisir à prendre la meilleure douche chaude au monde. À 7 h 30, notre groupe de sept personnes était réuni et accueilli par deux des trois responsables de Twin River Travel, Sam, l’un des cofondateurs, et Liam, un associé qui était aussi notre guide pour la fin de semaine. À 7 h 45, nous étions prêts à prendre la route comme un groupe de vieux amis qui avaient déjà fait une telle aventure.

Trois heures plus tard, nous sommes arrivés au parc provincial Nopiming et l’aventure commençait réellement. L’un des atouts de Twin River Travel est que l’entreprise fournit le matériel essentiel. Mis à part les vêtements de base, les chaussures et quelques autres articles personnels, on n’a pas à se préoccuper du matériel. Les canots, les pagaies, les tentes, les sacs de couchage, les tapis de sol (même les oreillers!), les repas et la vaisselle sont fournis. Même le transport à destination est prévu. Il vous suffit de vous présenter à l’heure. Pour quelqu’un qui souhaite expérimenter une nouvelle activité, cette formule est parfaite. Bien sûr, une excursion de canot-camping est une activité «?robuste?». Avant d’aller sur l’eau, il faut être prêts à faire du portage. Et nous en avons fait beaucoup! Tout notre matériel, les canots, les pagaies et tout le reste devaient être transportés jusqu’à l’eau.

Même si Liam nous rassurait en nous disant que les séances de portage ne seraient pas longues, le fardeau n’en était pas moins lourd et les distances ne nous paraissaient pas plus courtes. Heureusement, notre groupe comptait quelques hommes forts, ce qui nous a bien aidés. Avant de pouvoir aller sur l’eau, Liam nous a expliqué les fondements du canotage, nous disant comment manier nos pagaies, et comment éviter de tomber à l’eau et de nous noyer. Munis de dispositifs de flottaison, nous avons mis le cap sur la première île.

Un paysage à couper le souffle

Les mots me manquent pour décrire le sentiment éprouvé lorsque l’on quitte le brouhaha de la ville pour se retrouver au milieu de nulle part, avec des arbres tout autour, de l’eau à perte de vue et l’immensité du ciel d’un bleu profond. C’est une expérience à couper le souffle qui laisserait bouche bée même les plus stoïques. Même s’il a fallu un peu de pratique pour apprendre à pagayer et que les portages étaient loin d’être agréables, le sentiment de liberté que procurent les déplacements sur l’eau et chaque bouffée d’air frais ont réussi à chasser ces inconvénients bien loin.

Une fois notre emplacement de camping choisi, il faillait installer nos tentes, une tâche qui m’était complètement inconnue, de toute évidence, étant donné ma question : «?Est-ce que je la mets à terre pour qu’elle se déplie??», question ayant provoqué les rires. Heureusement, les membres du groupe s’y connaissaient. Ma compagne de tente, Sarah, savait une chose ou deux à ce sujet.

Le lendemain matin, nous sommes repartis sur l’eau, après que Liam nous a fait part de notre prochaine destination. Nous ne savions pas combien de temps il nous faudrait pour nous y rendre. Ainsi, Sarah et moi avons simplement pagayé, en profitant de la chaleur du soleil et des paysages époustouflants qui nous entouraient. Mis à part nos bavardages et l’écho de nos rires sur l’eau, tout était silence et sérénité… Rien, même pas le portage, ne pouvait troubler ce moment de béatitude!

 

Nous sommes retournés à notre campement et avons discuté avec passion de la dernière saison du Trône de fer et de la vie amoureuse de Liam. Après le coucher du soleil est apparu le plus magnifique ciel parsemé d’étoiles scintillantes. Jamais ne voit-on un ciel si étoilé en ville. Voilà un autre souvenir que je vais rapporter. Le lendemain matin, il était temps de retourner en ville. Pendant le trajet en canot et le portage, je profitais de chaque moment, le sourire aux lèvres et sans le moindre regret.

Vous vous demandez peut-être si je vais retourner faire du canot un jour. La réponse est absolument. Est-ce que je vais refaire du camping? Bien, même si je n’aime toujours pas le camping, si c’est une façon de me rapprocher des magnifiques levers du soleil, des couchers de soleil à couper le souffle et des ciels étoilés, je pourrais au moins me faire à l’idée.

Vous avez envie de partir? Communiquez avec Twin River Travel et laissez Sam, Tristan et Liam (alias Jésus) vous faire vivre une expérience inoubliable, agrémentée de beaucoup de plaisir et de succulents repas.