« Bienvenue à Churchill. Si vous saisissez l’essentiel, je n’aurai pas à vous l’expliquer. Sinon, je vais devoir tenter de le faire. » Notre guide de Lazy Bear Expeditions est Jason, un photographe de la faune qui porte la barbiche et a la peau tannée par le vent et le soleil. Il est accueillant et direct et nous explique à quoi nous attendre de cette petite municipalité subarctique. Nous venons tout juste de débarquer. Notre groupe est formé de 14 Américains (y compris une famille de cinq personnes de l’Iowa), quatre Britanniques, quatre personnes du sud de l’Ontario, et moi, la seule Manitobaine. Nous ne nous connaissons pas (encore), mais nous partageons la même excitation face à ce que nous réservent les quatre prochains jours.

L’aura mystique de Churchill traverse les frontières, ce qui est surprenant pour cette petite municipalité rurale et isolée sur les berges de la baie d’Hudson, qui se trouve à près de 1000 km du sud populeux du Manitoba. Mes compagnons sont des aventuriers qui ont voyagé à Bornéo pour voir les orangs-outans, ont fait de la randonnée d’aventure en Patagonie et se sont rendus en Antarctique. Je ressens une grande fierté de voir que mon humble province se classe parmi de telles destinations exotiques.

Rêve d’une vie. Expérience transformatrice. Événement marquant. Moment magique. Peu importe votre façon de décrire ce voyage, Churchill laisse une impression durable.

La philosophie de Jason, qui consiste à « montrer, sans rien dire », est fort à propos. Chaque jour de notre suprême aventure arctique, Lazy Bear Expeditions nous a fait vivre des expériences hallucinantes.

Expérience hallucinante nº 6
Un confort douillet

C’est facile d’apprendre à connaître les autres voyageurs en dégustant de jolis cappuccinos au Lazy Bear Cafe. L’ambiance rustique du pavillon en bois rond correspond exactement à ce que j’avais imaginé d’un séjour dans le nord. Construit dans les années 1990 par le fondateur, Wally Daudrich, un résident de longue date de la région, le Lazy Bear Lodge dispose d’un personnel qualifié et baigne dans une atmosphère familiale et chaleureuse qui fait la réputation du Manitoba. Mes moments préférés passés dans le pavillon sont les échanges avec les autres voyageurs, que ce soit en prenant un cappuccino matinal, ou en se retrouvant au coin du feu, après une excursion au grand air, pour échanger nos histoires et nos photos.

Expérience hallucinante nº 5
La palette des couleurs subarctiques

Mise à part sa faune légendaire, ce sont les spectaculaires paysages, la lumière hypnotisante et la palette de couleurs éblouissantes de Churchill en été qui m’ont captivée. La visite qu’offre Lazy Bear Expedition dans la municipalité et la région est essentielle pour découvrir les secrets géographiques de ce lieu de convergence de trois écozones, où la forêt boréale (taïga), rencontre la toundra, ainsi que la flore et la faune marine de la baie d’Hudson. Durant ma visite en août, les fleurs sauvages étaient en pleine floraison et je ne pouvais pas m’empêcher de photographier les épilobes rose fuchsia qui poussent entre les roches sédimentaires couvertes d’un lichen orange flamboyant. Le légendaire ciel bleu du Manitoba était bien entendu parfait en toile de fond.

Expérience hallucinante nº 4
Les cours d’histoire en plein air

Un lieu historique national à visiter absolument pour comprendre l’importance du Nord dans l’identité canadienne. Plus je vieillis, plus j’aime apprendre sur les régions que je visite. Churchill est riche d’histoire et Lazy Bear Expeditions ne manque pas de vous la faire découvrir en vous amenant en bateau sur la rivière Churchill pour visiter le fort Prince-de-Galles, un lieu historique national du Canada. Nous y avons été accueillis par Samuel Hearne, un explorateur et naturaliste britannique du 18e siècle bien connu dans la région. Hearne raconte à la première personne des histoires sur la vie dans un poste de traite aménagé dans un fort du nord. Plus important encore, il place en contexte l’identité passée et présente de Churchill.

Expérience hallucinante nº 3
Des bélugas, des bélugas partout

Vous vous devez d’aller sur l’eau à Churchill pour faire connaissance avec les milliers de mammifères blancs qui viennent dans les estuaires du nord en été pour se nourrir et mettre bas. Durant l’excursion en bateau pneumatique sur la rivière Churchill, j’aurais voulu que mon cou tourne à 360 degrés pour réussir à voir toutes les baleines qui nous entouraient. Les bélugas faisaient surface sans arrêt. Lorsque je n’arrivais pas à les voir, je pouvais au moins entendre leur souffle au moment de remonter à la surface.

Un autre jour, nous sommes montés à bord d’un bateau de Lazy Bear, le Sam Hearne, pour une excursion d’une journée dans la baie d’Hudson (et techniquement, dans les eaux du Nunavut, nous a fait remarquer le capitaine Wally). Les bélugas se sont faits plus nombreux dans la baie. Des groupes de mâles se mélangeaient aux jeunes mères que l’on reconnaissait par les petits veaux gris à leurs côtés. La passerelle a été descendue et nous avons pu nous allonger sur le ventre pour nous approcher des baleines espiègles. Au milieu de la journée, nous avons pris notre repas en compagnie des bélugas qui s’offraient clairement un buffet de poissons de leur côté.

A crowd of belugas feed near Churchill, ManitobaPlus de 58 000 bélugas viennent dans l’ouest de la baie d’Hudson et les estuaires du nord chaque juillet pour se nourrir de capelans.Plus de 58 000 bélugas viennent dans l’ouest de la baie d’Hudson et les estuaires du nord chaque juillet pour se nourrir de capelans.

Expérience hallucinante nº 2
Le règne animal

Une femelle et deux jeunes ours blancs de huit mois se promènent sur les berges de la baie d’Hudson, près de Churchill.Une femelle et deux jeunes ours blancs de huit mois se promènent sur les berges de la baie d’Hudson, près de Churchill.

Notre excursion à bord du Sam Hearne nous a donné la réponse à la question que tout le monde se posait. « Quand allons-nous voir un ours blanc? » L’été n’est pas la meilleure saison pour observer des ours. Habituellement, après la fonte des glaces, les ours qui ont chassé les phoques pendant des mois sont endormis et se font discrets. Toutefois, quelques minutes seulement après notre arrivée dans la baie, nos guides ont aperçu sur les rochers une superbe femelle qui se faisait chauffer le dos au soleil. En nous approchant des berges pour avoir une meilleure vue, deux oursons se sont montré le nez. Nous sommes restés là à admirer leurs moindres mouvements, à prendre des photos, à poser des questions et à en apprendre plus sur la biologie de l’ours blanc. Au bout de 10 minutes, nous sommes discrètement repartis et avons poursuivi notre repas parmi les bélugas (expérience nº 3).

Quelques heures plus tard, lors du retour vers Churchill, nous avons décidé d’observer le littoral pour essayer de revoir les trois ours. Nous les avons vus sortir de l’eau pour se diriger vers une masse blanche sur la rive. Les ours avaient découvert une carcasse de béluga rejetée par les eaux (probablement tué par un chasseur inuit en en juger par les coupures, a indiqué le capitaine Wally). La mère et ses petits ont eu droit à un régal bien gras, un luxe rare pour les ours blancs qui jeûnent habituellement en été. Soudainement, nous avions l’impression de nous trouver dans un épisode de Wild Planet. Notre excursion d’une journée dans la nature sauvage était complète. Nous avons vu la brutale réalité de la nature… et c’était fantastique.

Expérience hallucinante nº1
Il vous suffit de regarder la vidéo.